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Du fait à la culture : réalité matérielle de la société au Néolithique moyen dans la moitié nord de la France et ses marges.
Avons-nous les moyens ? Au début du Néolithique moyen, deuxième quart du Ve millénaire avant notre ère, la néolithisation de l’ensemble de la péninsule occidentale du continent européen est achevée suivant les deux courants de néolithisations danubien et méditerranéen. Au cours de cette période, les données archéologiques semblent refléter d’importantes mutations, notamment d’ordre social et culturel des populations néolithiques. D’une part, la diversification, la spécificité et la spécialisation des sites s’accentuent avec par exemple le développement de nécropoles déconnectées des habitats et autres espaces domestiques ou encore l’apparition puis le développement des sites d’extraction et de production d’outillage lithique (ateliers), eux aussi disjoints des habitats. Par ailleurs, le monumentalisme (phénomène bien visible à travers les enceintes et les pratiques funéraires, tel le mégalithisme et les monuments de type Passy) fait son apparition et se développe rapidement. En parallèle, les données sur le mobilier tendent à indiquer des évolutions spatiales et chronologiques relativement rapides et marquées des productions céramiques, suggérant une forte régionalisation des cultures archéologiques, alors que les industries lithiques paraissent plus constantes, stables et homogènes, que ce soit sur de larges territoires ou dans le temps. Que traduisent ces constats, fondés sur les caractéristiques technologiques et typologiques des différents artefacts retrouvés, pour la définition et la caractérisation des cultures matérielles ? Par ailleurs, ces phénomènes de régionalisation sont également à mettre en parallèle avec les mécanismes d’échanges et d’emprunts, ainsi qu’avec ceux de « rejet » et de frontières, traduisant autant de choix socio-économiques ou culturels. A la suite du précédent colloque interrégional sur le Néolithique, tenu à Paris en 2024, et portant sur les questions de la néolithisation, l’objectif de ce 35e opus est de poursuivre les réflexions sur la période suivante du Néolithique moyen, entre le deuxième quart du Ve millénaire (soit entre 4750 et 4500 AEC) et le premier quart du IVe millénaire (soit entre 4000 et 3750 AEC). Les dernières manifestations scientifiques ayant abordé ces périodes sous forme synthétique et thématique sont, pour le Néolithique moyen I, le colloque tenu en 1994 sur la Culture de Cerny : « nouvelle économie, nouvelle société au Néolithique » (Constantin, Mordant, Simonin, 1997) et pour le Néolithique moyen II, les colloques de 1989 intitulés « Identité du Chasséen » (Beeching et al. 1991) et « le Chasséen, des Chasséens... » (Perrin et al. 2016). Il s’agira donc ici d’explorer les sociétés du Néolithique moyen, du début à la fin de période en fonction des régions, au travers des nombreux éléments et des divers témoins archéologiques acquis ces dernières années, à différentes échelles d’analyses : du fait archéologique au territoire en passant par le site, ceci afin d’aborder et appréhender les sociétés du Néolithique moyen, ce qui les structure et les caractérise dans le temps et l’espace.
Thèmes par journée
- Session 1 - Les structures sociales au Néolithique moyen : Du site ... - Les faits et les structures archéologiques comme plus petits dénominateurs de la structure sociale. Il s’agit d’aborder certains types de faits archéologiques particuliers ou spécifiques, tel les foyers et les fours, les bâtiments et la diversité de leurs plans architecturaux, les sépultures et les monuments funéraires, comme autant de marqueurs sociaux, culturels, chronologiques, fonctionnels… qui pourraient être signifiants pour comprendre les sociétés du Néolithique moyen. Des méthodes de fouille et d’enregistrement, ainsi que des types d’analyses et d’études spécifiques peuvent être proposées pour comprendre la diversité, la variabilité, la fonction et la chronologie de ces faits ou ensembles de faits. Dans le même mouvement, l’émergence du monumentalisme (enceinte, mégalithisme…) pourra être discutée. - La structuration intrasite comme modélisation de la société. L’étude de l'organisation des différents espaces d’activités sur un même site vise également à aborder la structuration sociale et économique des occupations du Néolithique moyen. Une réflexion sur les méthodes d’analyse spatiale des aires d’activités et spécialisées pourra être proposée. L’approche paléo-ethnographique des occupations peut-elle être opérante au Néolithique ? Comment articuler l’analyse spatiale avec les données taphonomiques ? L’approche de l’organisation et de la structuration spatiale des occupations sera proposée pour différents types de sites : habitats, enceintes, nécropoles, sites à activités spécifiques... La finalité est d’entrevoir la fonction des sites (domestiques, artisanaux, funéraires …) mais également leur fonctionnement. - Les artefacts comme éléments signifiants : Les artefacts ont toujours été mobilisés pour définir l’identité des cultures archéologiques. En quoi l’apport des analyses technologiques, typologiques et stylistiques des différentes catégories de mobilier permet d’aborder et de discuter les aspects chronologiques, économiques, culturels, sociaux, voire symboliques des populations du Néolithique moyen ?
- Session 2 - Les structures sociales au Néolithique moyen : … au territoire. Questions d’échelles. - Le territoire en réseau. La structure du territoire et des territoires pourra être abordée de façon dynamique, en réseau, à travers la circulation des matériaux et des produits finis, les emprunts et les transferts techniques, la hiérarchisation et la complémentarité des sites par rapport à leurs fonctions et leurs statuts. - Les modélisations chronologiques dans le temps et l’espace : De la même manière, l’utilisation des datations absolues doit dépasser la simple compilation et ordination des dates pour être discutée et confrontée aux données de chronologie relative, à travers des outils de statistiques et de modélisation. - La géographie culturelle du Néolithique moyen : L’identité culturelle sera, quant à elle, être abordée à travers les rapports entre les cultures archéologiques et non comme des entités isolées dans le temps et l’espace. Au-delà des critères de définition des cultures archéologiques, ce sont les notions de frontière, périphérie, emprunt, diffusion qui pourront être analysées et débattues.
- Session 3 - Actualités de la recherche / Mémoires Uniquement sur posters Les communications concernant l’actualité de la recherche, la présentation de travaux estudiantins ou des découvertes hors thématiques, se feront uniquement par l’intermédiaire de posters, et si possible, par des présentations orales brèves (5 minutes) sur un temps dédié.
Comité d’organisation Capron Delphine (Direction Archéologie Chartres Métropole) Creusillet Marie-France (INRAP - UMR 8215 Trajectoires) Dupart Olivia (CD 45 - UMR 8215 Trajectoires) Dupont Frédéric (Direction Archéologie Chartres Métropole - UMR 8215 Trajectoires) Gourio Léa (CD 28) Hauzeur Anne (UMR 6298 ArteHiS) Irribarria Roland (UMR 8215 Trajectoires) Lethrosne Harold (SRA Centre Val-de-Loire) Rodot Marie-Angélique (CD 28 - UMR 8215 Trajectoires) Verjux Christian (SRA Centre Val-de-Loire)
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